La Vaquerie, la ferme qu'il fallait tenir avant la ville
Avant que les boulets n'atteignent les rues de Lille, une ferme fortifiée au bord de la Deûle absorbe cinq jours de canonnade, de mousqueterie et de travaux d'encerclement.
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- Épisode
- Lille, 1708 : le siège
- Format
- Note courte

La cense de la Vaquerie est une ferme placée à peu de distance de la Deûle, sur la rive gauche, en avant des lignes de Lille. Elle compte parmi les postes retranchés que Boufflers a fait occuper, « en complet accord avec Vauban » selon Sautai, avec la chapelle de la Madeleine, le moulin de Saint-André et la redoute de M. de Lee. Un bon fossé l'entoure, un redan de palissades en protège l'entrée, et des créneaux ont été percés dans ses murs.
Sautai y place quatre-vingts grenadiers du régiment de Touraine sous le capitaine de Santis, « l'un des capitaines les plus intrépides » du régiment. Le journal tenu dans la ville parle, lui, d'un « M. de Namtis, capitaine des grenadiers de Touraine », à la tête de cent grenadiers : rien ne permet d'affirmer qu'il s'agit du même homme, même si le poste et le régiment coïncident.
Le poste est disputé plusieurs jours. Le 22 août au soir, les ennemis ouvrent leur parallèle « depuis la Vacherie », à une centaine de toises de la ferme ; le même jour, une batterie de sept pièces la canonne, et la chute de pans de muraille blesse six grenadiers. Le 23, la mousqueterie du poste gêne encore les travaux de l'assiégeant tout le jour. Puis l'ingénieur des Roques commence une ligne destinée à envelopper la ferme, et Boufflers ordonne de ne pas prolonger la défense. Dans la nuit du 25 au 26 août, la garnison se retire ; quinze à vingt hommes, selon les relations, restent en arrière pour entretenir le feu jusqu'au matin.
La Vaquerie et le moulin de la porte Saint-André sont deux postes distincts, disputés à trois jours d'écart. Sautai range leur défense parmi les actions qui ont soutenu le moral de la garnison dans les premières semaines du siège.
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Ces pages ont servi à vérifier et approfondir ce point. Elles sont choisies pour leur apport direct, pas pour donner l’illusion d’une bibliographie exhaustive.
- Maurice Sautai, Lille, 1899Le siège de la ville et de la citadelle de Lille en 1708
Monographie fondée sur les archives de Lille, du Nord et du Dépôt de la Guerre. Transcrit la lettre de Boufflers à Chamillart du 29 août 1708 (p. 89-90), cite les deux mémoires lillois du siège et détaille la monnaie de cuivre (p. 172). Chiffres relus sur le scan haute définition, pas sur la couche de texte automatique.
Consulter la source - auteur anonyme, éd. Henri Malo, Revue du Nord, t. 8, n° 32, 1922, p. 279-290Journal du siège de Lille rendu aux alliés le 23 octobre 1708
Relation tenue au jour le jour à l'intérieur de la place, du 12 août au 25 octobre 1708. Source du chiffre de « 3 à 400 hommes » perdus au moulin (p. 280) et du récit du sergent de la Vacherie.
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