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Chroniques d’Époque
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Hans Dünne et les orfèvres de Strasbourg

Témoin clé du procès de 1439, l’orfèvre Hans Dünne affirme avoir reçu plus de 100 florins de Gutenberg uniquement pour des travaux liés à l’impression.

Lecture
5 min
Épisode
L’alliage
Format
Note courte
Miniature du deuxième épisode de la série Gutenberg, titrée « Le secret de l’alliage »
Miniature de l’épisode, avec son titre incrusté.

Dans les minutes du procès intenté en décembre 1439 à Strasbourg par les frères Dritzehn, la déposition sous serment de l’orfèvre Hans Dünne constitue l’un des documents les plus précieux de l’histoire des techniques. Dünne déclare sans détour que trois ans plus tôt, vers 1436, il a gagné auprès de Gutenberg plus de 100 florins d’or exclusivement pour des fournitures et des travaux relatifs à l’impression (*das zu dem trucken gehöret*).

Cette somme considérable prouve que Gutenberg ne travaillait pas seul dans une mansarde isolée, mais faisait appel aux meilleurs maîtres de la corporation des orfèvres de Strasbourg, réputés pour leur maîtrise de la ciselure fine, de la gravure sur acier et de la fonderie d’alliages complexes.

Les orfèvres savaient tailler des poinçons servant à marquer les pièces d’argenterie ou les monnaies impériales. C’est ce savoir-faire corporatif que Gutenberg a détourné pour façonner les premiers poinçons typographiques en acier trempé.

Hans Dünne incarne cette génération d’artisans métallurgistes anonymes sans lesquels l’intuition de Gutenberg serait restée un projet théorique.

Les liens derrière cette note

Ces pages ont servi à vérifier et approfondir ce point. Elles sont choisies pour leur apport direct, pas pour donner l’illusion d’une bibliographie exhaustive.

  1. Aloys Ruppel, Mayence, Verlag der Gutenberg-Gesellschaft, 1950Gutenberg-Dokumente: Quellen zur Geschichte des Erfinders der Buchdruckerkunst

    L’édition critique intégrale des actes du procès de Strasbourg de 1439.

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