L’encre grasse : l’emprunt décisif aux peintres à l’huile
L’encre aqueuse médiévale glissait sur le métal comme de l’eau sur une vitre. Gutenberg résout l’impasse en s’inspirant des vernis et huiles siccatives des primitifs flamands.
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- L’alliage
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L’encre traditionnelle des scribes était à base d’eau, de gomme arabique et de noir de fumée ou de noix de galle. Parfaitement adaptée au parchemin absorbant, cette encre liquide refusait d’adhérer aux caractères en plomb et antimoine : elle perlait à la surface du métal et formait d’immenses taches informes lors du pressage.
Pour surmonter cet obstacle, Gutenberg se tourne vers les innovations de la peinture à l’huile flamande (popularisée par Jan van Eyck). Il met au point une encre grasse visqueuse à base d’huile de lin cuite longuement avec de la térébenthine et du noir de fumée obtenu par combustion de résine de pin.
Cette pâte noire intense et luisante adhérait parfaitement au métal sans couler, séchait rapidement sous l’action siccative de l’huile et ne traversait pas la feuille de papier. Cinq siècles plus tard, les Bibles de Gutenberg conservent une encre d’une noirceur et d’un éclat intacts.
Les liens derrière cette note
Ces pages ont servi à vérifier et approfondir ce point. Elles sont choisies pour leur apport direct, pas pour donner l’illusion d’une bibliographie exhaustive.
- Richard N. Schwab et al., The Papers of the Bibliographical Society of America, 1985The Nature of Gutenberg’s Ink
L’analyse chimique par faisceau de protons de l’encre authentique de la Bible de Gutenberg.
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