Felletin, Tizy, Château-Porcien : la carte de l'exil de 1771
En janvier 1771, le chancelier Maupeou disperse les magistrats du Parlement de Paris dans des bourgs choisis pour leur isolement. Trois ans plus tard, le nouveau roi les rappelle tous.
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- Les causes de la Révolution
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Dans la nuit du samedi 19 au dimanche 20 janvier 1771, chaque magistrat du Parlement de Paris reçoit la visite de mousquetaires porteurs d'une lettre de cachet : reprendra-t-il son service, oui ou non ? Selon Jules Flammermont, qui a reconstitué la nuit en 1883, des mousquetaires refusèrent de laisser écrire autre chose que « oui » ou « non ».
Le 20 janvier, un arrêt du Conseil confisque les charges de ceux qui n'ont pas répondu oui. Chacun reçoit, par deux mousquetaires, une lettre d'exil lui ordonnant de quitter Paris dans la journée pour un lieu désigné. Même les trente-huit magistrats qui ont maintenu leur oui reçoivent à leur tour, dans la nuit du 21 au 22, un huissier et deux mousquetaires. Flammermont compte 175 exilés au total, en incluant six conseillers honoraires. Deux très anciens conseillers ont seulement leur charge confisquée : leur lieu d'exil est resté en blanc sur la liste royale.
La géographie de l'exil est voulue. Le premier président d'Aligre et plusieurs présidents sont renvoyés sur leurs terres. Le Pelletier de Saint-Fargeau part pour Felletin, dans la Marche ; Lamoignon pour Tizy-en-Forez, près de Roanne ; de Gourgues pour Château-Porcien. D'autres sont dispersés dans des villages de la banlieue, Montmorency, Beaumont-sur-Oise, Aubervilliers, Rebais en Brie. Les familles elles-mêmes sont séparées : Pasquier père à Saint-Jean-de-Nanteuil, en Angoumois, son fils à Argenton, en Berry. À Tizy, Flammermont raconte que c'est le curé qui prête son presbytère à l'exilé.
Le chiffre de 175 est le mieux établi. D'autres circulent sans source d'époque citée : cent trente sur un site de vulgarisation, ce qui pourrait correspondre aux seuls exilés de la première nuit (175, moins les 38 partis dans la nuit du 21 au 22 et les 6 honoraires, simple hypothèse de calcul), et d'autres encore, incohérents entre eux, sur une encyclopédie en ligne. Ils ne sont pas retenus. Flammermont lui-même prévient que les décomptes de réponses ne sont exacts « qu'à deux ou trois unités près ».
La vidéo et le Short sorti le 7 octobre resserrent ce déroulé : « au petit matin, 175 magistrats sont bannis », « cent soixante-quinze juges ont eu une journée pour quitter Paris ». Chaque ordre d'exil laisse bien la journée pour partir, mais les 175 ne s'en vont pas le même matin : les trente-huit derniers ne reçoivent le leur que dans la nuit du 21 au 22.
Le 12 novembre 1774, Louis XVI, qui a dix-neuf ans, rétablit les parlements et leur rend le droit de remontrance. Les bourgs se vident de leurs exilés, et la cour qui bloquera les réformes de Turgot, puis de Calonne, retrouve son palais.
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