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Cesare Borgia et l’alliance française : du cardinalat à la Romagne

En 1498, Cesare Borgia est le premier cardinal de l’histoire à renoncer à ses vœux ecclésiastiques. En apportant au roi Louis XII la bulle d’annulation de son mariage avec Jeanne de France, il obtient le duché de Valentinois et les troupes nécessaires pour conquérir la Romagne.

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5 min
Épisode
Les Borgia
Format
Note courte
Évocation visuelle de Cesare Borgia en capitaine général des armées françaises et pontificales
Reconstitution visuelle assistée par IA pour Chroniques d’Époque — l’apparence du personnage est conjecturale.

Créé cardinal de Valence à dix-huit ans en 1493 par son père Alexandre VI, Cesare Borgia refuse d’être enfermé dans une carrière religieuse. Après l’assassinat mystérieux en juin 1497 de son frère aîné Juan, duc de Gandie et capitaine général de l’Église, Cesare saisit l’opportunité de devenir le bras armé séculier de la maison Borgia. En août 1498, avec l’accord formel du Sacré Collège, il accomplit un acte inédit : déposer solennellement la pourpre cardinalice.

Au même moment, le nouveau roi de France Louis XII cherche désespérément à faire annuler son mariage avec Jeanne de France (fille de Louis XI) afin d’épouser Anne de Bretagne et rattacher définitivement le duché breton à la couronne. Alexandre VI accorde l’annulation et le chapeau de cardinal pour Georges d’Amboise, le favori du roi.

C’est Cesare en personne qui traverse les Alpes à l’automne 1498 pour apporter la bulle pontificale au roi à Chinon. En contrepartie, Louis XII lui confère le duché de Valentinois en Dauphiné (d’où son surnom d’« Il Valentino »), le fait chevalier de l’ordre de Saint-Michel, lui accorde la main de Charlotte d’Albret (sœur du roi de Navarre) et met à sa disposition une armée de cent lances royales et plusieurs milliers de mercenaires suisses et gascons.

Appuyé par l’artillerie française et ses redoutables capitaines (Vitellozzo Vitelli, Oliverotto da Fermo), Cesare lance entre 1499 et 1502 trois campagnes foudroyantes en Romagne, chassant les petits seigneurs locaux — dont Caterina Sforza à Imola et Forlì — pour ériger un duché unifié et pacifié sous la bannière papale.

Admiré par Nicolas Machiavel qui le prend pour modèle du prince nouveau sachant allier la ruse du renard et la force du lion (comme lors du guet-apens de Senigallia en décembre 1502), Cesare voit pourtant son édifice s’effondrer d’un coup le 18 août 1503 : la mort foudroyante d’Alexandre VI et sa propre maladie paralysante le laissent sans protecteur face à l’élection de son ennemi juré Giuliano della Rovere (Jules II).

Les liens derrière cette note

Ces pages ont servi à vérifier et approfondir ce point. Elles sont choisies pour leur apport direct, pas pour donner l’illusion d’une bibliographie exhaustive.

  1. Michael Mallett et Christine Shaw, Harlow, Pearson, 2012The Italian Wars 1494–1559

    Le cadre militaire et diplomatique des campagnes françaises et de la conquête de Romagne.

  2. Nicolas Machiavel, 1513Le Prince (chapitres VII et VIII)

    L’analyse politique directe des actions de Cesare Borgia par l’envoyé florentin.

  3. Catherine Fletcher, The Cambridge History of the Papacy, 2025The Borgias

    L’état récent de la recherche sur la fulgurance et la chute de Cesare Borgia.

  4. Johannes Burckard, Bologne, 1907Liber Notarum (1483–1506)

    Le récit détaillé de la déposition de la pourpre et des célébrations des victoires de Romagne.

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