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Le registre des morts de 1451 et l’Office de santé de Milan

En 1451, alors que la peste frappe la Lombardie, Francesco Sforza crée un Office de santé permanent et ordonne la tenue quotidienne d’un registre de tous les décès. Cette innovation administrative donne naissance à la première statistique épidémiologique au monde.

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5 min
Épisode
Francesco Sforza
Format
Note courte
Évocation visuelle de l’Office de santé de Milan et de ses registres paroissiaux
Reconstitution visuelle assistée par IA pour Chroniques d’Époque — image d’évocation, sans valeur documentaire.

À l’été 1451, à peine un an après la prise du pouvoir par les Sforza, une redoutable vague d’épidémie de peste s’abat sur la population de Milan affaiblie par les années de guerre et de disette. Face à la panique urbaine et au risque de désertion des marchands, Francesco Sforza refuse la fatalité et fait de la crise sanitaire un instrument de gouvernement.

Par décret ducal, il institue l’Office de santé (Ufficio di Sanità), une magistrature permanente investie de pouvoirs judiciaires et policiers exceptionnels : délivrance de passeports sanitaires (bollette di sanità) aux portes de la cité, fermeture des auberges suspectes, incinération des effets des malades et mise en quarantaine stricte des foyers infectés.

Surtout, l’Office instaure une innovation sans précédent dans l’histoire de la démographie : les Registri dei morti (1452). Chaque curé de paroisse et chaque médecin de la ville a l’obligation formelle de déclarer sous 24 heures à l’administration ducale le nom, l’âge, le quartier et la cause exacte de décès de toute personne avant de pouvoir délivrer le permis d’inhumer.

Ces déclarations quotidiennes font l’objet d’une autopsie ou d’un examen médical systématique par les chirurgiens de santé (medici condotti) pour vérifier la présence de bubons ou de taches pétéchiales caractéristiques de la peste et distinguer les contagions des morts ordinaires.

Conservés de façon continue dans les archives d’État de Milan, ces registres paroissiaux obligatoires constituent le premier ensemble statistique médical au monde. Ils ont permis au pouvoir ducal de cartographier la propagation du mal rue par rue et ont servi de modèle à toutes les administrations sanitaires modernes d’Europe.

Les liens derrière cette note

Ces pages ont servi à vérifier et approfondir ce point. Elles sont choisies pour leur apport direct, pas pour donner l’illusion d’une bibliographie exhaustive.

  1. Franca Leverotti, Pise, ETS, 1992Popolazione, famiglie, insediamento: Le fonti per la demografia storica lombarda

    L’étude approfondie sur la tenue et l’exploitation des registres des morts milanais.

  2. Ann G. Carmichael, Cambridge University Press, 1986Plague and the Poor in Renaissance Florence and Milan

    L’analyse comparative des politiques de santé publique et des registres hospitaliers italiens.

  3. Archivio di Stato di MilanoFondo Sanità, Registri dei Morti (1452–1801)

    Le fonds d’archives manuscrit contenant les séries continues des décès de Milan.

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